Des artisans, des savoir-faire et des histoires
Si tant d’églises des Courbes de l’Orne ont pu conserver ou embellir leurs vitraux remarquables, c’est grâce à la transmission de compétences et à la vigilance des paroissiens, curés et bénévoles. On relève dans les documents anciens la présence d’équipes d’artisans itinérants. Certains ateliers sont devenus de véritables dynasties, à l’image des ateliers Bazin-Latteux ou Duhamel-Marette (Évreux). Les restaurations du XXe siècle font parfois appel à de jeunes maîtres-verriers formés dans la tradition mais ouverts à l’innovation, comme en témoignent les influences art déco de certaines verrières des années 1950 à 1970.
Côté iconographie, on observe une prédominance des scènes bibliques classiques (Vierge, saints patrons, martyrs), toujours ancrées dans les préoccupations des habitants : famine, guerres, épidémies. Mais on y décèle subtilement la place de la nature, des métiers, des familles rurales, créant une iconographie à la fois locale et universelle.
La plupart de ces vitraux sont aujourd’hui protégés, restaurés ou surveillés par des associations (Sites et Monuments de l’Orne, DRAC Normandie) et figurent dans les bases nationales du patrimoine (“Base Palissy”, “Base Mérimée”), preuve de leur importance au niveau national.