Le retable, miroir d’un art populaire enraciné
Ces retables sont tout sauf des reliques figées. Ils témoignent d’un rapport vivant à la matière, d’une foi enracinée dans le quotidien agricole et artisanal, souvent soutenue par l’effort des paroissiens eux-mêmes, qui finançaient parfois sur plusieurs années la réalisation de ces œuvres collectives. L’art du retable ornais, c’est aussi l’histoire d’une économie locale — celle des chênes taillés sur place, des dorures poncées à la main sur les marchés d’Argentan ou de Flers, de l’apprentissage transmis dans des ateliers familiaux.
Des restaurations récentes, souvent menées par des professionnels indépendants ou des associations, permettent de retrouver la fraîcheur des couleurs d’origine. C’est le cas à Neuvy-au-Houlme ou à Briouze, où de petits retables latéraux reprennent vie après des siècles de poussière.