Histoire, anecdotes et savoir-faire : marcher à l’ombre, une tradition ornaise
L’ombrage procuré par les haies et les forêts a forgé bien des habitudes. Dans le passé, les cultivateurs empruntaient les chemins creux à la mi-journée pour rejoindre les pâtures ou le village, se protégeant de la chaleur. Beaucoup de vieux sentiers gardent des noms évocateurs : “chemin du bétail”, “allée de la source”, autant de témoins d’un rapport intime au paysage.
Autrefois, planter et entretenir les haies faisait partie du “savoir-vivre” rural ; dans l’Orne, près de 60 % des plantations datent d’avant 1945 (source : INRAE). Certaines espèces, comme le chêne rongé, étaient choisies pour leur ombrage ; d’autres, comme l’aune ou le sureau, pour leurs vertus médicinales ou parce qu’elles facilitaient le passage de l’eau sous les racines.
Un détail : de nombreux circuits traversent encore les anciennes “rues aux vaches”, anciens passages balisés par des bornes ou des croix de pierre. Le randonneur attentif notera parfois des marques taillées dans le tronc des arbres, signes discrets du passage de générations de marcheurs.