Pourquoi explorer les Courbes de l’Orne à vélo ?

Le vélo s’impose comme l’un des meilleurs moyens d’appréhender toute la richesse du territoire ornais. Les routes secondaires, peu fréquentées, offrent au cycliste la tranquillité nécessaire pour apprécier chaque détour. La topographie, mêlant collines douces et vallées encaissées, convient aussi bien aux adeptes de la petite reine en mode loisir qu’aux amateurs de défis sportifs.

  • Un terrain varié : alternance de plats le long des rivières, pentes du Massif armoricain, dénivelés accessibles (les pentes dépassent rarement 7 %, excepté dans la Suisse Normande).
  • Un patrimoine préservé : manoirs, moulins, ponts anciens, bourgs perchés. Chaque escale propose son lot de découvertes.
  • Des itinéraires balisés : le département de l’Orne compte près de 1 200 km de circuits labellisés, dont la célèbre Véloscénie et la voie verte du chemin de fer Paris-Granville (source : Orne Tourisme).

La Voie Verte des Courbes de l’Orne : d’Alençon à Briouze

Un fil d’histoire et de nature La voie verte qui relie Alençon à Briouze suit le tracé de l’ancienne ligne ferroviaire, traversant près de 66 km de bocage, de vallons ombragés et de villages typiques. Véritable colonne vertébrale de la région, elle permet d’admirer une diversité de paysages, du piémont belvédère aux rivières méandrées.

  • Distance : 66 km environ
  • Niveau : Facile à modéré (revêtement lisse, parcours sécurisé, très peu de circulation automobile)
  • Points d’intérêt : Haltes ferroviaires réhabilitées, Sainte-Honorine-la-Chardonne et ses panoramas, forêts du Pays d’Argentan, passages sur le pont des Planches.
  • Anectode : Le tunnel de la Motte, long de 460 mètres près de Putanges-Pont-Écrepin, a été réaménagé en 2017 pour les cyclistes et randonneurs, conservant son atmosphère mystérieuse (source : Communauté de communes de la Suisse Normande).

Cette voie est idéale en famille ou pour s’initier au cyclotourisme, offrant de nombreuses possibilités de pique-niques en pleine nature.

Les lacets de la Suisse Normande : de Thury-Harcourt à Pont-d’Ouilly

Défi sportif et paysages spectaculaires Souvent surnommée le « petit Québec » de la Normandie, la Suisse Normande déroule ses vallées abruptes, ses versants boisés et ses villages perchés. Le circuit de Thury-Harcourt à Pont-d’Ouilly, d’environ 35 km aller-retour, est réputé pour ses panoramas, ses franchissements de viaducs et ses descentes grisantes.

  1. Départ : Thury-Harcourt - place centrale, à la jonction de la Véloroute du Calvados.
  2. Passages-clés : Les Rochers de la Houle (falaise dominant la vallée de l’Orne), Clécy, la « capitale du kayak », guinguettes au bord de l’eau, vestiges de carrières de pierre.
  3. Dénivelé : Près de 500 mètres cumulés sur la boucle, quelques ascensions franches mais accessibles avec un vélo adapté.
  4. Conseil pratique : S’arrêter au Pain de Sucre avant Pont-d’Ouilly pour contempler la vallée, particulièrement belle au lever du jour.

Pour les vélos électriques

Ce secteur se prête bien au VAE (vélo à assistance électrique), en particulier pour profiter sans se soucier des fortes pentes. Plusieurs loueurs locaux (Clécy, Pont-d’Ouilly) proposent désormais des itinéraires GPS adaptés.

Sur la trace des manoirs et moulins du Perche Ornais

Entre mémoire rurale et élégance discrète Le Perche ornais, au sud-est du département, dévoile des routes bordées de haies d’aubépine, d’enclos plantés de pommiers et de villages au patrimoine préservé. Un itinéraire d’une cinquantaine de kilomètres, au départ de Mortagne-au-Perche, permet une immersion dans cette mosaïque de terroirs.

  • Itinéraire recommandé : Mortagne-au-Perche → Réveillon → Bellême → Comblot → Saint-Cyr-la-Rosière → retour Mortagne
  • Sites remarquables :
    • Manoir de Courboyer (Maison du Parc naturel régional du Perche, ouvert à la visite)
    • Moulin de Rémalard, témoin de l’industrie meunière active jusqu'au début du XXe siècle (source : Patrimoine du Parc du Perche)
    • Beffroi de Bellême, inscrit Monument historique
  • Anecdote : Plusieurs voies creuses, véritables tunnels de verdure, existent encore entre Saint-Cyr et Comblot. Elles étaient autrefois empruntées par les charrettes de cidre lors des foires du printemps.

La Véloscénie : du Mont-Saint-Michel à Paris via l’Orne

Une traversée d’est en ouest La Véloscénie n’est pas qu’un axe routier, c’est une expérience à part entière reliant la baie du Mont-Saint-Michel à la capitale en 450 km, dont plus de 80 traversent l’Orne. Parmi les tronçons les plus pittoresques : Alençon → Bagnoles-de-l’Orne. Entre la plaine d’Alençon, la forêt d’Andaine et la station thermale de Bagnoles, la diversité est au rendez-vous.

  • Distance (tronçon ornais principal) : env. 90 km
  • Points-clés :
    • Le château médiéval de Carrouges et son parc, visite incontournable inscrite au label « Monument historique » (à 15 km au nord de la véloscénie)
    • Forêt d’Andaine, 5 400 hectares de hêtres, chênes et pins (source : ONF)
    • Le Grand Casino et le lac de Bagnoles-de-l’Orne, premier casino thermal construit en France en 1886
  • Conseil logistique : La ligne SNCF Paris-Granville dessert les gares d’Alençon et de Briouze, facilitant l’organisation de parcours en aller simple.

Bocage secret : autour de Putanges-Pont-Écrepin et la vallée de la Rouvre

Ambiance intimiste et nature préservée À l’écart des flux, la vallée de la Rouvre séduit par ses pentes douces, ses chemins creux et ses villages cachés. Un circuit de 38 km relie Putanges-Pont-Écrepin, séculaire port de traversée de l’Orne, à Taillebois puis la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire, dominant les gorges encaissées.

  • Patrimoine naturel : La rivière Rouvre, classée Natura 2000, abrite l’écrevisse à pattes blanches et la loutre d’Europe (source : Natura 2000 Orne Rouvre).
  • Culture : Le moulin de Ségrie-Fontaine, ancienne minoterie convertie en éco-musée de la meunerie et de la pêche à la truite.
  • Difficulté : Parcours vallonné, revêtement mixte (routes de campagne et pistes de terre battue), idéal en gravel bike ou VTC.
  • Période idéale : Mai-juin pour observer la floraison des orchidées protégées sur les coteaux calcaires.

Quelques conseils pratiques pour pédaler au plus près de l’Orne authentique

  • La météo peut se montrer capricieuse : préférer les matinées pour éviter vents d’ouest et ondées soudaines au printemps.
  • Les offices de tourisme (Flers, Alençon, Bagnoles-de-l’Orne) proposent des cartes détaillées et parfois des carnets d’itinéraires (papier et PDF).
  • Prenez le temps de pousser les portes des petites églises, souvent ouvertes le jour, pour y admirer retables, fresques ou vitraux méconnus (Beauchêne, Rânes et ses statues du XVe siècle).
  • Respectez les espaces Natura 2000 et ne cueillez ni fleurs ni plantes ; plusieurs espèces sont protégées, telle la fritillaire pintade dans les prairies humides.
  • En haute saison, privilégier le bivouac léger aux abords des aires dédiées ; évitez le camping sauvage dans les propriétés privées.

Aller plus loin : s’initier au patrimoine le long des itinéraires

Les circuits vélo de l’Orne offrent bien plus que l’exercice ou le plaisir du grand air. À chaque étape, un élément du patrimoine surprend : croix de chemin du XVIIe, vestiges de fours à chaux, lavoirs restaurés, tables de dolmen égarées sous une haie. Pour qui prend le temps, l’Orne dévoile sa mémoire dans ces détails qui façonnent sa singularité.

Sillonner les Courbes de l’Orne à vélo, c’est traverser un tableau vivant où chaque coup de pédale conte l’histoire d’une terre singulière. Cartes et guides en main, il n’y a qu’à se laisser charmer, courbe après courbe, par le rythme apaisé de cette belle Normandie intérieure.

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