Les écosystèmes majeurs à explorer : où chercher les ailes colorées et carapaces luisantes ?
1. Les prairies bocagères, véritables refuges à papillons
Dans le bassin de l’Orne, les prairies bocagères s’étendent autour des villages, morcelées par un maillage végétal de haies et de vieux murets. Ici, l’humidité légère du matin attire une multitude d’insectes. Les papillons de jour aiment butiner dans ces espaces fleuris dès avril.
- La Prairie de Rouvrou : située à la sortie de Putanges-le-Lac, elle concentre une grande diversité de graminées et de fleurs sauvages. On y croise le Flambé (Iphiclides podalirius) ou le Machaon (Papilio machaon), qui attirent l’œil dès le printemps jusqu’à la fin de l’été.
- Le site Natura 2000 de Goulet-Ségrie-Fontaine : à la croisée des chemins creux et des pelouses calcaires, on retrouve ici des espèces rares comme le Damier de la succise (Euphydryas aurinia), indicateur de prairies bien gérées selon la LPO Normandie.
Selon l’Observatoire régional de la biodiversité (ORB Normandie)[1], près de 70 espèces de papillons de jour sont recensées dans les prairies du département avec une présence forte entre fin mai et début août.
2. Les bords de rivières et zones humides : royaume des libellules et demoiselles
La vallée de l’Orne et ses affluents servent de couloirs écologiques essentiels. Entre les roseaux et les plantes aquatiques, les Odonates – libellules, demoiselles – virevoltent sous le soleil.
- Le sentier des Méandres à Sainte-Honorine-la-Chardonne : parfait pour l’observation du Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) et de la Grande Aeschne (Aeshna grandis).
- La zone humide des Marais du Grand Hazé : cette réserve naturelle régionale (plus de 200 ha près de Briouze) rassemble des dizaines d’espèces d’insectes aquatiques et semi-aquatiques. Les Sympétrums rouges-sang et les Libellules déprimées (Libellula depressa) sont très présentes entre juin et septembre.
D’après le GRETIA, plus de 40 espèces de libellules ont été répertoriées dans la vallée de l’Orne et ses zones humides, dont certaines classées rares à l’échelle nationale.
3. Les grandes forêts et leurs clairières : sous-bois, mystère et butineurs secrets
Les forêts du Perche et d’Écouves déploient des lisières bien orientées où les insectes profitent d’un microclimat plus chaud et lumineux. C’est la scène privilégiée pour surprendre des espèces qui se font plus discrètes.
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Forêt d’Écouves : clairière du Carrefour du Cuvé : présence fréquente du Petit Sylvain (Limenitis camilla), qui recherche l’ombre légère et les buissons de chèvrefeuille.
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Forêt du Perche : lisières de la Feuillie : ici, on rencontre parfois le discret Citron de Provence (Gonepteryx cleopatra), plutôt rare en Normandie, selon l’Atlas entomologique du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris (2016).