Les cinq balades incontournables pour observer les oiseaux
Du chemin encaissé à la digue silencieuse, chaque parcours des Courbes de l’Orne livre des ambiances différentes. Voici cinq suggestions d’itinéraires, adaptés à tous les niveaux et jalonnées de points d’observation réputés.
1. Les Marais du Grand Hazé, au cœur des zones humides
Au nord-est, à proximité de Briouze, le Grand Hazé est le plus vaste marais de l’Orne (près de 200 hectares). Classé Espace Naturel Sensible, ce réservoir de biodiversité accueille plus de 150 espèces d’oiseaux au fil des migrations (source : orne.fr). L’accès se fait via un sentier sur pilotis long d’1,5 km, passant devant plusieurs observatoires camouflés.
- Espèces à guetter : grèbe huppé, busard des roseaux, héron pourpré, gorgebleue à miroir (au printemps), spatule blanche.
- Période idéale : février à mai pour le va-et-vient des limicoles, automne pour les rassemblements de canards siffleurs et sarcelles d’hiver.
- Conseil pratique : Optez pour une visite tôt le matin, quand la brume se dissipe lentement et que les oiseaux sortent de leur léthargie nocturne.
2. Les méandres de l’Orne à Rabodanges : entre rives et falaises
Dans la Suisse normande, autour du lac de Rabodanges, la rivière creuse des vallées bordées de roselières et de landes. Un sentier de 7 km relie le barrage à la base de loisirs, passant devant des pans rocheux et des plages alluvionnaires.
- Espèces phares : martin-pêcheur, faucon hobereau, sterne pierregarin (l’été, lors des nidifications sur îlot), cygne tuberculé, bergeronnette des ruisseaux.
- Anecdote : Entre 2018 et 2022, un couple de balbuzards pêcheurs a niché sur la zone – première nidification connue dans l’Orne depuis plus de 50 ans (source : Groupe Ornithologique Normand).
3. Les chemins creux du Bocage d’Écouché-les-Vallées
Au sud de l’axe Argentan-Flers, s’étendent des labyrinthes de haies multi-centenaires. Un circuit balisé de 8 km, à partir du village de Joué-du-Plain, traverse des prairies fauchées tardivement et des pommiers en espaliers.
- Espèces courantes : rougequeue à front blanc, pouillot véloce, sittelle torchepot, pic épeiche. Le soir, l’envol du rossignol philomèle résonne dans les buissons d’aubépine.
- Moment fort : en mai, les couvées de mésanges s’essaient à la première sortie. Les haies bourdonnent alors d’une agitation frémissante et les rapaces survolent en quête de rongeurs.
4. L’étang de la Lande-Forêt : un havre discret pour les migrateurs
Non loin de Sées, l’étang de la Lande-Forêt (45 hectares) borde le bocage et la forêt domaniale du même nom. Son sentier circulaire (4,5 km) permet d’observer sans déranger, grâce à deux plateformes d’observation.
- Espèces à privilégier : canard chipeau, fuligule morillon, grèbe castagneux, râle d’eau. Mouettes et sternes s’y posent lors des épisodes venteux.
- Bon à savoir : La région, traversée par deux couloirs migratoires, voit passer près de 12 000 oiseaux d’eau chaque automne, selon la LPO Basse-Normandie.
5. Les prairies de Rânes et l’observation des rapaces
Autour de Rânes, vaste plateau entaillé de vallons boisés, les jaillissements de lin et les pâtures ombragées sont propices à la chasse des rapaces diurnes :
- À voir : busard cendré, bondrée apivore, autour des palombes, buse variable.
- Particularité : En soirée, l’effraie des clochers longe le village, cherchant ses proies entre granges et vieilles pierres.
La Route des Haras, qui traverse la localité, permet une combinaison idéale entre observation ornithologique et patrimoine architectural.