Trois sites incontournables pour croiser la faune au coucher du soleil
1. La vallée de la Rouvre, entre forêt et rivière
En partant du petit hameau de La Carneille, un réseau de sentiers balisés descend vers la Rouvre. Les rives, brouillées de brume à la tombée du soir, abritent :
- La loutre d’Europe, symbole du retour de la biodiversité locale, que l’on peut parfois surprendre en glissant entre deux pierres (le Parc Naturel Régional Normandie-Maine signale une population en expansion depuis 2010).
- Le cincle plongeur, improbable oiseau plongeur, qui file sur le courant à la recherche de larves.
- Les chauves-souris, dont la noctule commune et la pipistrelle, entament leur ballet aérien dès la première étoile.
Pour tenter l’observation discrète, privilégiez le chemin de halage entre 21h et 22h au printemps et à l’été : à cette heure, tout semble basculer, entre hurlement lointain d’un blaireau et frissonnement des herbes.
2. Le bocage autour de Putanges-le-Lac : un patchwork d’opportunités
Ici, c’est la configuration des haies qui retient l’attention. Le bocage, autrefois appelé “le damier vert”, constitue une mosaïque précieuse pour la faune locale.
- Les chevreuils s’y déplacent en petits groupes, profitant de la double protection des haies et du relief.
- Les grenouilles et tritons colonisent mares et fossés, bruyants lors des soirées humides de mai et juin.
- En levant les yeux, on aperçoit parfois le vol silencieux d’un hibou moyen-duc.
Choisissez les chemins ruraux qui serpentent entre la Bissonnière et la Roche d’Oëtre : un secteur où la visibilité sur les prairies reste bonne, mais où chaque bosquet sert de cachette.
3. La réserve naturelle de la tourbière des Petits Riaux
Site méconnu, ce vestige d’une tourbière acide attire des oiseaux rares ainsi que des amphibiens spécifiques.
- En soirée, il n’est pas rare de surprendre le concert des rainettes arboricoles, une espèce protégée en Normandie.
- La bécassine des marais, au vol zigzagant, préfère surgir dans la demi-obscurité.
- Les lièvres, souvent invisibles le jour, s’avancent prudemment pour brouter les jeunes pousses.
L’éclairage diffuse du crépuscule révèle alors des couleurs insoupçonnées : la brume accroche la bruyère, les reflets du ciel virent au bleu-gris, créant une ambiance propice à la contemplation comme à l’observation.